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Le Sondage sur l'accessibilité des groupes de femmes aux femmes handicapées

par Sujata Dey

Les femmes handicapées luttent chaque jour pour obtenir l'accessibilité des lieux dans notre communauté. Mais selon un sondage effectué auprès des membres de la Table des groupes de femmes de Montréal, l'accessibilité physique n'est pas la variable la plus importante pour accueillir la participation des femmes handicapées.

Cela semble un peu contre intuitif et certaines vont se demander sur quelle planète j'habite. Pourtant, contre toute attente, le sondage nous dit que la participation des femmes handicapées n'est pas nécessairement liée à l'accessibilité.

Il y a presque le même taux de participation dans les groupes non accessibles que dans les groupes accessibles. Parmi les groupes membres de la Table qui ont répondu au sondage, 22 sont accessibles et 22 ne le sont pas. Des 22 groupes accessibles, il y en a 12 qui sont honorés par notre présence. Et dans les groupes non accessibles, 9 groupes sont fréquentés par des femmes handicapées. Pas une grande différence, n'est-ce-pas ? Et même que certains groupes accessibles n'ont jamais vu une femme handicapée dans leur organisme !

Évidemment, l'accès physique est nécessaire, et on ne peut pas l'oublier. Par contre, ce que le sondage nous démontre est qu'il faut dépasser la simple notion d'accessibilité des lieux.

Si nous posons la question : Est-ce que l'accessibilité est une priorité pour votre organisme ?, des résultats étonnants surgissent. En effet, les groupes qui ont répondu oui atteignent un taux de participation de 65 pour cent. Par contre, ceux qui ont répondu non à cette question affichent un taux de participation de 18 pour cent.

Quand on croise les données sur la présence des travailleuses handicapées, sur une politique d'accessibilité et sur le souhait de devenir accessible, on voit que les groupes ayant ces paramètres ont aussi un taux de participation des femmes handicapées très élevé. En substance, il faut regarder les attitudes qui reflètent un désir réel de la part des groupes d'accommoder et de réaliser la pleine participation des femmes handicapées dans leurs groupes.

Au cours des entrevues, j'ai rencontré quelques groupes dont l'accessibilité était marquante et les attitudes désuètes ; quelques groupes qui disent que leurs services s'adressent seulement aux mères ou aux survivantes de violence et donc, ne touchent pas les femmes handicapées et que les femmes handicapées ont leurs propres services. Cette attitude dérangeante est rare, mais traite les femmes handicapées comme une espèce aliénée. Pour la combattre, il faut renforcer la notion d'égalité en tant que femmes et féministes. Que le fait d'accueillir des femmes handicapées dans les groupes féministes ne soit pas vu comme un acte de charité, mais comme un acte d'égalité qui ouvre le mouvement féministe à toutes les femmes.

La plupart des groupes interviewés voudraient être accessibles, mais elles pensent qu'elles n'en ont pas les moyens. En même temps, ces groupes ne connaissent pas les pictogrammes d'accessibilité, ni n'indiquent si leurs locaux sont accessibles. Des gestes pourtant à la portée de toutes et absolument gratuits. Il faut donc les convaincre que l'accessibilité n'est pas d'abord un problème d'argent, mais une question de volonté. Dans les faits, si on a vraiment la volonté d'être accessible, l'accessibilité au sens physique et dans le sens d'inclusion suivront.

Il faut remercier les membres de la Table des groupes de femmes pour leur ouverture. Plus de 72 % des groupes ont répondu au sondage et 80 % voudraient devenir accessibles. De plus, certaines m'ont décrit leurs démarches en vue de déménager ou de réaménager leur bâtiment pour devenir accessible. Le 3 décembre 2002, la Table des groupes de femmes de Montréal et Action des femmes handicapées de Montréal ont présenté un atelier sur les résultats de ce sondage et ont pu à cette occasion donner quelques conseils sur comment devenir accessible.

Autres statistiques

  • 44 groupes ont répondu au sondage
  • 22 ont une entrée accessible (entrée principale : 16 ; entrée secondaire : 6)
  • 13 ont une entrée et une salle de bain accessibles
  • 21 comptent des femmes handicapées parmi leurs membres
  • 10 ont quelques documents en format accessible (la plupart le sont sur demande)
  • 2 ont un ATS (appareil téléphonique pour les sourdes)
  • 6 ont utilisé des services d'interprètes en langage gestuel
  • 4 indiquent l'accessibilité dans leur publicité
  • 28 groupes (80 %) ont un désir de rendre leurs locaux accessibles :
  • 73 % ont mentionné un manque de ressources financières comme barrière à l'accessibilité; seulement 7 % ont indiqué un manque d'intérêt.

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