Ressources Web
Lors de l'assemblée générale annuelle de la Table des groupes de femmes de Montréal, en mai 2000, les membres ont adopté une politique d'accessibilité des activités de la Table aux femmes ayant un ou des handicaps. Un nouveau comité de travail a alors été mis sur pied afin de voir à la mise en œuvre de cette politique.
Cette politique repose sur quatre principes bien définis: le principe féministe d'égalité, le principe de l'accessibilité universelle, le principe de diversité et le principe d'inclusion. Le comité, actuellement composé de quatre femmes et soutenu par la permanence de la Table, vise aussi à ramener les préoccupations des femmes ayant un handicap dans les dossiers de la Table.
Concrètement, cela signifie pour la Table de : développer l'accessibilité de ses activités internes selon les besoins, en cherchant notamment les sources de financement afin de permettre à toute femme handicapée, déléguée officiellement par un groupe membre de la Table, de participer à ses travaux. De plus, la Table organise la plupart de ses journées de formation et toutes les réunions du Comité accessibilité dans des lieux accessibles, avec du matériel adapté. Notre objectif est que toutes les réunions de tous les comités de la Table soient accessibles aux femmes handicapées.
Le coût est souvent la première barrière à laquelle sont confrontés les groupes et les individuEs lorsqu'il est question d'accessibilité. La Table souhaite donc sensibiliser les groupes membres à l'importance de tenir compte des besoins en matière d'accessibilité dans toutes les demandes de financement. Autre défi à relever : qu'un budget global soit accordé pour l'accessibilité des groupes de femmes à Montréal.
Afin de mieux faire connaître nos préoccupations, les membres du Comité accessibilité de la Table ont rencontré le 29 mai 2002, deux représentantes de l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ), madame Benabdelkader, directrice régionale et madame Chénard, responsable régionale du dossier Femmes. Elles se sont montrées très intéressées par l'approche développée par la Table dans le dossier de l'accessibilité, notamment la perspective féministe et la participation des femmes handicapées à la vie associative.
De plus, des membres de AFHM (en lien avec les travaux du Comité) ont participé aux rencontres qui ont mené au positionnement de la Table dans le dossier des fusions municipales. Plusieurs propositions ont été amenées concernant les femmes, dont la nécessité d'embaucher des femmes handicapées et de prendre en compte leurs intérêts spécifiques dans la nouvelle ville de Montréal.
La Table a aussi embauché l'été dernier, Sujata Dey comme agente de développement, pour travailler sur un sondage auprès de ses membres sur l'accessibilité de leurs activités aux femmes handicapées. Le sondage touchait des points précis comme : l'accessibilité et l'adaptation physique des lieux, la publicité des évènements, l'attitude des travailleuses par rapport aux femmes handicapées, etc. La participation des groupes a été excellente, avec un taux de réponse de 72 %.
Pour faire suite à ce sondage, une rencontre a été organisée dans le cadre de la Journée internationale des personnes handicapées, afin de sensibiliser les membres de la Table aux réalités que vivent les femmes handicapées et échanger sur nos diverses expériences en lien avec l'accessibilité. Cette activité a eu lieu le 3 décembre et a rassemblé 25 femmes provenant de différents milieux.
Au programme : une présentation sommaire des résultats du sondage, la remise de certificats de reconnaissance pour l'accessibilité, plusieurs témoignages de femmes handicapées, dont celui de Martha Twibanire, cheffe de famille monoparentale, de Lise Veilleux et Andrée Dumouchel du groupe Blind Date à propos du Projet Traces, qui rassemble quatre interprètes en danse (deux non-voyantes et deux voyantes) précédé d'une présentation vidéo. Maria Barile est venue présenter la mission et les actions de notre groupe AFHM. Puis, le tout a été suivi d'une discussion sur la réalité des femmes handicapées qui nous a amenées à réfléchir sur des manières différentes de faire les choses et d'affronter les contraintes de temps. Ce fut une rencontre très émouvante avec des femmes dynamiques et engagées qui, pour la Table des groupes de femmes de Montréal, a permis de créer des solidarités et d'établir des ponts entre les femmes.
Enfin, un premier Mode d'emploi pour l'accessibilité de nos groupes a été réalisé au Comité accessibilité et nous espérons finaliser une version plus complète au cours de la prochaine année. Mentionnons d'ici là, l'importance d'inclure dans toutes nos demandes de financement, un budget supplémentaire pour l'accessibilité de nos activités. Et surtout, il faut continuer le travail de sensibilisation, l'attitude étant le premier facteur d'ouverture à la réalité des femmes handicapées. Plus nous parlerons de la réalité de TOUTES les femmes, plus nous pourrons développer nos solidarités.
Il reste beaucoup de travail à faire mais, nous pouvons dire que les choses avancent quand même assez bien et que la Table des groupes de femmes de Montréal sera un jour complètement accessible aux femmes ayant un handicap.
Maria Barile, Louise Baron, Diane Chaurette, Sujata Dey, Diane Heffernan
Table des matières
Gâteau algérien | Le réseau des femmes handicapées du Canada