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par Martha Twibanire
Bonjour tout le monde !
Je n'ai pas un grand discours, mais je voulais partager avec vous, un peu de ma vie en tant que femme handicapée et chef de famille monoparentale. Certaines choses sont communes à la plupart d'entre vous, mais il y en a d'autres qui s'ajoutent lorsque vous vivez seule avec trois enfants mineurs à charge.
D'abord, je tiens à remercier les gouvernements fédéral et provincial de tout ce qu'ils font pour nous rendre la vie facile, même s'il y a beaucoup à améliorer encore.
Par exemple : L'ACCESSIBILITÉ
Je commence par les lieux publics : cliniques privées, institutions bancaires et établissements scolaires.
Lorsque je dois y accompagner un de mes enfants, avant même de prendre un rendez-vous, je dois m'assurer que l'édifice est accessible. Vous comprenez par là que s'il y a une urgence, c'est plutôt la panique.
J'ai été obligé de changer d'institution bancaire parce que le guichet automatique de la succursale dans mon quartier n'était pas accessible et que je ne voulais pas payer des frais pour des transactions interbancaires. Je change donc de la Banque Royale à la banque Canada Trust. Ce n'est pas tout. L'affaire est que, une journée, je devais échanger un chèque. Comme je me trouvais sur la rue Sainte-Catherine Ouest et Guy, j'aperçois une banque Canada Trust un peu plus loin. Arrivée en avant, je constate qu'il y a une dizaine de marches. Ce n'est pas croyable !
Mais je dû arrêter un passant pour qu'il entre pour moi et demande à un agent de la Banque de venir me rejoindre sur le trottoir. Quand l'agent est arrivé, la solution n'était autre que de faire des opérations bancaires sur le trottoir. C'est vraiment ridicule.
Depuis que nous habitons ici, rencontrer les professeurs de mes enfants a été possible parce qu'eux-mêmes ont pris l'initiative de venir me rencontrer à la maison. Mais il reste que moi aussi j'aurais aimé assister à des réunions de parents comme les autres et aussi à d'autres activités. Par exemple, le 19 octobre 2002, je devais accompagner mon fils pour son inscription à l'école secondaire (Collège St-Louis). Ce jour-là malheureusement il pleuvait. Je suis restée sous la pluie pendant au moins une heure et demie parce que le Collège n'est pas accessible. Par chance quelqu'un dans une auto s'est arrêté et m'a pris dans sa voiture jusque chez moi. En arrivant à la maison, j'ai appelé la Direction de l'école pour leur demander de prendre en considération ce problème d'inaccessibilité. En terminant son examen, mon fils m'a cherchée partout. Quand même, il a pensé à téléphoner à la maison et j'ai appelé un taxi pour le ramener à la maison.
Présentement je suis en formation. Mais dans un mois je dois penser à me chercher du travail. Avec trois enfants mineurs, je ne peux pas me croiser les bras parce que je dois subvenir à leurs besoins. Et là encore, je dois compter sur l'accessibilité. Je me rappelle que l'année dernière, j'ai manqué deux emplois à cause de l'inaccessibilité.
Pour terminer, vous comprenez vous-mêmes que l'accessibilité est la clé de la participation : accessibilité aux soins médicaux et autres, à l'emploi, à l'information, à des formules de vie et d'activités comme tout un chacun, mais aussi parce que l'accessibilité est la preuve tangible des changements de mentalité dans une société.
Voilà en peu de mots ce que je voulais partager avec vous aujourd'hui.
J'invite tout le monde à continuer le combat. C'est nous qui vivons avec ces barrières. Ensemble nous allons gagner. Vivent les femmes !
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